ETRE DEBOUT II


Que faire alors ?

Oui, vouloir perdre du poids et bénéficier d’un tonus musculaire adapté sont tout à fait désirables. Ce n’est pas un crime que de vouloir être en bonne santé. Le surpoids est un grave problème. Une dérégulation du circuit de l’insuline est potentiellement mortelle.


Remédier aux maux qu’entraînent le stress chronique de la vie moderne ainsi que nos mœurs beaucoup trop sédentaires ? Trouver dans l’activité physique une issue à l’énergie qui s’accumule dans notre système nerveux suractivé mais sans exutoire, et parvenir ainsi à une meilleure régulation de nos systèmes nerveux et endocrinien ? Retrouver une posture humaine qui ne reflète plus un état d’impuissance acquise mais la force et la liberté ? Reconstruire une estime de soi fragilisée par exemple par une éducation trop punitive ou distante, et surmonter du même certaines de nos angoisses sociales ? Non rien de tout cela n’est superflu.

Se tenir droit

Le paradoxe est que la société moderne nous enjoint de nous conformer à une image corporelle, tout en nous privant des moyens de la maintenir, voire en la ruinant directement. C’est donc par quelques une de ces agressions directes contre nous-mêmes qu’il faut commencer. La position assise prolongée et les tensions qui l’accompagnent, surtout lorsque l’on travaille, est un aspect essentiel du stress chronique dont nous souffrons. Notre posture et notre motricité le subissent de plein fouet. Il n’est pas possible de retrouver une activité physique vraiment saine si l’on ne retrouve pas d’abord une certaine neutralité de la colonne vertébrale et une foulée juste. C’est-à-dire si nous ne retrouvons pas une stature humaine.

Nous marchons, nous courons, nous lançons, noua saisissons…

Nous sommes des bipèdes. Nous nous tenons debout et notre mouvement s’organise autour de hanches et d’un bassin stables. Lorsque nous marchons ou courons, une jambe avance puis l’autre, et réciproquement chaque le bras s’engage dans un mouvement du côté contraire selon une rotation autour de la colonne. Le lancer, l’autre activité essentielle pour laquelle nous sommes anatomiquement programmés, engage, à partir de cette même base pelvienne, un mouvement rotatif du torse, d’une épaule et d’un bras. Le muscle profond transverse abdominal est le plus important, puis qu’il assure un gainage fondamental, mais du pied jusqu’à la main, toute la chaine cinétique s’active. Lorsque nous saisissons et tirons quelque chose, c’est un mouvement similaire mais inverse. La plus important est le système oblique antérieur, mais dans tous les cas, ce sont de longues chaines musculaire, traversant tout le corps, qui s’activent selon des diagonales transversales allant du pied à la main opposée, suivant donc un axe contralatéral. La force vient justement de ce que notre cerveau puisse activer de manière optimale, coordonnée, ces chaines musculaires dans leur intégralité.

Retrouver des mouvements humains

Les exercices qui ne respectent pas cette structure humaine biomécanique sont dysfonctionnels. C’est en particulier le cas des exercices symétriques seulement sur deux dimensions (effectués sur le plan sagittal). Ils provoquent des déconnections et créent des associations musculaires inutiles, car ils nous contraignent à nous adapter tant bien que mal à des stimuli pour lesquels notre corps n’est pas programmé.

Nous sommes donc programmés pour organiser nos mouvements debout, surtout sur le plan horizontal, mais selon des rotations transversales, et ce, à partir du bassin. C’est pourquoi, sans une posture correcte nos mouvements seront toujours déficients. C’est pourquoi il faut d’abord réapprendre à se tenir droit, en se libérant des lordoses, des cyphoses, de l’antéversion du bassin et de toutes les surcompensations qui en résultent. Notre motricité, en particulier la foulée, est affectée et c’est souvent douloureux. Les exercices posturaux et les massages myofasciaux sont essentiels pour guérir cela.


Parallèlement, un travail sur la respiration et une réouverture de la cage thoracique ne sont pas moins indispensable. Nos capacités respiratoires ont été compromises par notre mauvaise posture. Nos organes réclament de l’air !

Nos mouvements se déroulent sur trois dimensions

Les exercices que nous pouvons nous imposer pour restaurer notre corps victime de notre civilisation sont innombrables, ils doivent seulement respecter notre cohérence biomécanique : de même que nos mouvements s’effectuent surtout sur le plan horizontal, grâce à des rotations transversales, d’un côté puis de l’autre, sur trois dimensions donc, de même les exercices que nous ferons avec des haltères, des kettlebell, des élastiques, une masse ou autre… On évitera donc de trop multiplier les mouvements symétriques ; et par-dessus tout on évitera les mouvements dissociatifs qui segmentent nos chaînes musculaires sous prétexte de développer tel ou tel muscle. Ce n’est pas ainsi que le corps fonctionne.

Mais, lorsque l’on aura regagné une posture plus humaine, que les massages myofasciaux auront réduit nos tensions musculaires, on aura sans doute envie de sortir de la ville (si c‘est possible), de marcher, de courir…

Vers l’homéostasie

Dans cette perspective, il est envisageable de se réconcilier avec son système nerveux autonome déréglé par le stress chronique. En retrouvant une posture et un mouvement humains, le système nerveux et donc l’endocrinien peuvent se réguler d’eux-mêmes. En parallèle avec une alimentation pauvre en glucide, le système endocrinien régulé permet au corps de retrouver un poids optimal. En outre, le stress mieux maîtrisé permet de se libérer de la tentation de le compenser à travers le *comfort food“…


Il resterait un autre élément à considérer maintenant face au stress chronique : notre capacité à nous réguler par le lien social. En fait, il s’agit de l’outil essentiel dont nous disposons pour nous réguler notre organisme. Au point que l’on peut à peine parler d’autorégulation tant celle-ci est étroitement liée à l’échange amical avec nos semblables. Nous avons un besoin vital d’autrui, du lien social amical et de tous les signes qui l’entretiennent. Notre homéostasie en dépend. Nous ne serons jamais debout seuls. Nous y reviendrons…

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